Le Monde | 06.01.2014 à 11h10 • Mis à jour le 06.01.2014 à 11h19 | Par Gilles Rof
A l'époque, Mustapha Zitouni, 30 ans, était un des piliers de l'équipe de Monaco, et une valeur sûre de l'équipe de France, aux côtés de Raymond Kopa ou de Just Fontaine. Retenu à quatre reprises dans l'équipe tricolore, il devait, selon les commentateurs de l'époque, faire partie de la sélection française pour la Coupe du monde 1958, disputée en Suède.
Contacté par le FLN, comme la plupart des footballeurs d'origine algérienne évoluant en métropole, Mustapha Zitouni avait finalement choisi d'abandonner ses ambitions en équipe de France et de quitter de nuit Monaco pour rejoindre la direction du mouvement clandestin à Tunis.
HÉROS NATIONAL DANS SON PAYS D'ORIGINE
Sa défection, en compagnie de celles d'autres internationaux français comme Rachid Mekloufi ou Abdelaziz Ben Tiffour, provoquera une tempête dans l'opinion publique française et contribua à médiatiser le conflit algérien, but ouvertement recherché par la direction du FLN.
Pendant quatre ans, Mustapha Zitouni a vécu l'épopée de cette équipe nationale non reconnue par la Fédération internationale de football (FIFA), qui disputa plus de quatre-vingts matchs de propagande pour la cause algérienne dans le monde entier.
Héros national dans son pays d'origine, Mustapha Zitouni a porté, de 1958 à 1964 près de cent fois le maillot de l'équipe d'Algérie. Sollicité par le Real Madrid à l'époque de son départ clandestin, il reste aussi celui qui aurait pu être le successeur de Robert Jonquet, de trois ans son aîné, au cœur de la défense centrale française lors de la Coupe du monde 1958. Un Jonquet, qui, en se blessant lors de la demi-finale, empêcha la France de rivaliser réellement avec le futur vainqueur de l'époque, le Brésil de Pelé (2-5).
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