L'Iran et l'Irak se son fait la guerre pendant huit ans, entre 1980 et 1988. Selon certaines estimations, ce long conflit a fait entre 500 000 et 1 200 000 victimes. Seize ans plus tard, si l'information publiée par l'agence Reuters sur la vente d'armes iraniennes à l'Irak s'avère vraie, il s'agirait d'une tournure importante dans l'histoire des deux pays, à majorité chiite.
L'agence Reuters a, le 25 février, fait l'état de plusieurs contrats d'achat d'armes iraniennes à son voisin, l'Irak, s'élevant à 195 millions de dollars. Ces contrats auraient été signés en novembre 2013, quelques semaines après le voyage du premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki, aux Etats-Unis. Selon la même source, cette autorité irakienne aurait échoué d'obtenir davantage d'armes de Washington pour son combat contre les rebelles d'Al-Qaida.
L'information a d'emblée suscité la réaction hostile des autorités américaines. La porte-parole du département d'Etat américain, Jen Psaki, a ainsi mis en garde Bagdad : "Nous avons exprimé nos inquiétudes aux plus hauts niveaux et rappelé que tout envoi d'arme depuis l'Iran constituerait une violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies".
Selon la 1747e résolution du Conseil de sécurité, votée en 2007, au moment le plus fort du conflit autour du programme nucléaire iranien, toute importation et exportation d'armes entre l'Iran et l'étranger est interdite.
Les autorités des deux pays ont tâché de démentir l'information, relayée par Reuters. "L'Irak n'a pas encore demandé d'acheter d'arme de la République islamique d'Iran pour sa lutte contre les groupes touristes", a expliqué l'ambassadeur d'Iran en Irak, Hassan Danayifar, à l'agence semi-officielle Far, le 25 février. Selon ce diplomate iranien, pendant les rencontres entre les autorités iraniennes et irakiennes, l'achat d'arme n'a pas été abordé et les deux pays n'ont évoqué que les collaborations politico-économiques.
Le ministre irakien des affaires étrangères, Hoshyar Zebari, en visite officielle à Téhéran cette semaine xxxx, a également démenti, mercredi 26 février, le reportage de Reuters : "Aucun contrat d'armements n'a été conclu et l'Irak tient aux lois internationales et aux résolutions votées par les Nations unies". Le même son de cloche de la part du ministère de la défense irakien, qui, confirmait par ailleurs des discussions en cours avec d'autres compagnies internationales.
Malgré les démenties des deux parties impliquées, l'ambassadeur iranien en Irak n'a pas exclu des contrats d'armements dans le future entre Téhéran et Bagdad : "S'ils nous sollicitent, nous étudions leur demande en fonction de nos possibilités".
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