Le tracé du slalom olympique, imaginé par le Croate Ante Kostelic, père d'Ivica (9e du slalom samedi soir), n'a pas plus à tout le monde. Tout en reconnaissant la supériorité des trois skieurs sur le podium - les Autrichiens Mario Matt et Marcel Hirscher, et le Norvégien Henrik Kristoffersen - la délégation française était unanime pour regretter le parcours de la seconde manche, que seuls 43 skieurs sur les 77 au départ ont réussi à terminer en bas de la piste.
FABIEN SAGUEZ
directeur technique national de la Fédération française de ski
"Ce n'est pas un tracé improbable, c'est un tracé de merde, tracé par un homme vicieux, qui ne pense qu'à ses intérêts personnels, et qui ne fait sans doute pas la promotion du ski. C'est une catastrophe. Il nous a bien baisés. Su vous suivez le ski, vous savez qu'Ivica Kosteic n'est plus du tout dans le coup en slalom, et que seuls les 15 meilleurs de la courses marquent des points WCSL (World cup start list, qui déterminent l'ordre de départ lors de manches de Coupe du monde, laquelle reprendra dès le week-end prochain). Voilà, il est dans les quinze, il a réussi son coup. Ce spectacle, c'est l'antithèse de ce qu'on peut imaginer pour une quinzaine magnifique comme ça."
ALEXIS PINTURAULT
tombé dans la deuxième manche
"Malheureusement, le tracé est dans les règles, on ne peut pas dire grand-chose. Qu'il (Ante Kostelic) fasse des tracés étriqués, ça ne me dérange pas, mais dans une certaine limite. Là on était au-dessus de la imite. Tout le monde va essayer "d'envoyer", de prendre des risques, c'est les JO, tout le monde joue les avant-postes, et du coup, y en a beaucoup qui sont "out", comme moi. Derrière la banane [un enchaînement de deux portes qui constituent un virage], il fallait complètement remonter dans la pente. Quand on remonte dans la pente, c'est peut-être qu'il y a un problème. Le but c'est de la descendre, pas de la remonter. On ne se fait pas plaisir, mais ça me dérange surtout pour le spectacle du ski qu'on donne aux gens."
DAVID CHASTAN
responsable du groupe "technique" (slalom + slalom géant)
"Heureusement, il y a un podium de haut niveau, avec les trois meilleurs mondiaux, mais ça s'appelle un tracé de merde, tout simplement. C'est un tracé sans rythme, avec des endroits où il fallait carrément freiner, c'est quand même dommage. Il n'y a pas besoin de ça pour être sélectif. T'as pas besoin de faire ça pour avoir les meilleurs en bas. C'était dur pour nous de regarder depuis le bord de la piste, et ça devait être très chiant à regarder pour les téléspectateurs. C'est n'est que mon avis, mais je crois qu'on est beaucoup à le penser."
JEAN-BAPTISTE GRANGE
sorti de piste en deuxième manche
"C'est frustrant, parce qu'on est aux Jeux, et il (Ante Kostelic) nous sort un truc incroyable le jour des Jeux. C'était encore plus tordu que d'habitude, hyper piégeux. Faut voir l'énergie qu'on y a laissée à la reconnaissance."
JULIEN LIZEROUX
15e et seul Français arrivé en bas
"Pas un skieur ne se fait plaisir, donc j'imagine que les gens qui regardent ne se font pas trop plaisir non plus. Je suis représentant des athlètes, on nous demande souvent : "Qu'est-ce qu'il faut faire pour augmenter les audiences ?" Ça, je ne pense pas que ça fasse augmenter les audiences. Je trouve ça dommage pour le spectacle. Après, pas de problème, les trois meilleurs sont devant. Matt, Hischer, Kristoffersen, avec un tracé normal, ces trois skieurs seraient devant aussi. Mais ça me fait vraiment chier. Ma place est anecdotique, quand plus de la moitié des trente meilleurs skieurs mondiaux ne sont pas en bas."
• Le tracé n'a quand même pas déplu à tout le monde, et surtout pas aux skieurs que l'on retrouve sur le podium.
MARCEL HISRCHER (Autriche)
Médaillé d'argent
"Un retard de 1''28 [après la première manche], pour moi aussi c'est quelque chose d'impossible à remonter. Heureusement, ça s'est bien passé. J'ai réussi à poser mon ski comme je le fais normalement. La piste est devenue plus dure. Tout le monde râle sur le tracé, mais j'ai réussi à reprendre autant de temps que possible. Je suis soulagé. Un tel tracé, pour certains ça se passe bien, et pour d'autres, non. Il y a beaucoup plus de fautes et de sorties. Dieu merci, cette seconde manche était tellement sélective, sinon il n'aurait pas été possible de remonter. On recherche des champions olympiques, on ne fait pas des courses d'école."
Henrik Kristoffersen (Norvège)
Médaillé de bronze
"La première manche était vraiment très mauvaise, mais avec Kostelic qui avait tracé cette seconde manche, c'était vraiment bien. Après la première manche, je ne pensais pas que c'était encore possible. Maintenant, je suis avec la médaille de bronze et c'est fou."
>>> Ivica Kostelic, le fils de l'homme qui a tracé le slalom de la discorde, répond ici à ses détracteurs. "Les critiques sont toujours nombreuses parce qu’il y a peu de bons skieurs", dit-il.
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