Ce n'est qu'un classement, dira-t-on, qui vient d'être publié. Un de plus dans la longue série qui s'égrène au fil de l'année, et dont la presse anglo-saxonne fait son miel. A prendre avec circonspection, donc. Que dit-il ? Qu'HEC arrive en tête au plan mondial pour l'ensemble de l'"executive education" - autrement dit, les programmes de formation des cadres et dirigeants. En l'occurrence, HEC est classée par le "Financial Times" au 2ème rang mondial (derrière Duke University et devant l'Iese) pour les programmes "sur mesure", et au 3ème rang (derrière l'IMD de Lausanne et Chicago Booth) pour les cycles inter-entreprises. En combinant ces deux résultats, c'est donc bien l'école de Jouy-en-Josas qui occupe la première marche du podium, selon le "FT".
Un classement de plus, donc. Mais celui-ci est important, et vraiment révélateur. Dans cette période où le french bashing est roi, où l'auto-flagellation est si largement répandue, voilà enfin une nouvelle positive. Pour trois raisons.
D'abord, parce que le classement du "Financial Times", fondé pour l'essentiel sur la satisfaction des participants et des entreprises, est le plus coté dans le monde pour l'enseignement du management. Celui qui fait autorité - même si, comme les autres palmarès de ce genre, il n'est pas exempt de critiques. Il est celui auquel se réfèrent en priorité les étudiants du monde entier, de Shanghai à Londres, Rio, Moscou ou Dubaï, pour choisir où ils iront effectuer un MBA ou un master, par exemple. Celui, aussi, que consultent les professeurs les plus réputés pour décider d'aller enseigner dans telle ou telle institution. Celui, encore, qu'utilisent les doyens d'institutions pour nouer des partenariats à l'international. Quant aux chefs d'entreprise et aux DRH, ils regardent eux aussi de près ce classement pour recruter leurs managers... et confier la formation de leurs équipes dirigeantes. Bref, un outil clé pour toutes les "parties prenantes" de la formation au management.
Ce classement publié par le "FT" est d'autant plus probant qu'il ne tombe pas du ciel : cela fait plusieurs années qu'HEC obtient des résultats flatteurs dans ce domaine. Déjà classée meilleure business school européenne par la "FT" en 2013, HEC occupe aussi, depuis six ans, la deuxième lace mondiale pour les programmes sur mesure de formation des dirigeants. Ce dernier classement apparaît donc comme une confirmation.
Une expertise qui bénéficie à l'ensemble de l'école
Important, aussi, parce que l'"executive education", comme disent les anglo-saxons, est l'activité la plus sensible, la plus révélatrice du savoir-faire des différentes institutions en lice. Elles n'y sont pas contraintes par les impératifs des accréditations ou les exigences des autorités de tutelle, et moins soumises qu'ailleurs aux limites budgétaires. C'est donc un domaine où elles peuvent exprimer pleinement leur créativité, leur capacité d'innovation, leur aptitude aussi à tisser des liens avec les entreprises et à se mettre à leur écoute. "Maintenir une position de leader mondial dans un contexte concurrentiel, tout en proposant une offre de formation en constante évolution est un challenge stimulant", souligne Marina Kundu, responsable de l’executive education à HEC. Et dans ce domaine, l'offre d'une institution française est parfaitement compétitive - au plan mondial, répétons-le. C'est un atout majeur - d'ailleurs largement méconnu - pour le pays, pour sa compétitivité et son attractivité.
Ajoutons que l'activité d'"executive education" est directement connectée à la recherche, et que l'expertise de l'école en la matière bénéficie aussi à l'ensemble de ses enseignements - et donc à ses étudiants.
Important, enfin, parce que l'"executive education", ça rapporte. Cela rapporte de l'argent, car les entreprises ont compris l'importance stratégique d'une formation de haut niveau pour leurs managers et dirigeants. Et elles sont prêtes - de plus en plus - à investir fortement dans ce domaine-là. Cela rapporte aussi en termes d'image et de notoriété pour l'institution. Le directeur général d’HEC, Bernard Ramanantsoa, ne s'y trompe pas, qui estime que « ce classement va avoir un impact important sur le positionnement d’HEC comme leader mondial de la formation au management."
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