Le retour pas si simple des 10 ministres à l’Assemblée


Dans la salle des Quatre-colonnes de l'Assemblée nationale, là où se rencontrent députés et journalistes, les centres d'intérêts des médias fluctuent en fonction des évènements, d'une polémique récente ou de l'actualité de tel ou tel élu. Ce mardi 6 mai, avant et après la séance de questions au gouvernement de l'après-midi, un seul sujet mobilisait radios, télés et presse écrite. Les journalistes n'avaient d'yeux que pour eux. Eux, les anciens ministres de retour au Palais-Bourbon, un mois après avoir été démis de leur fonction au gouvernement.


Il fallait ainsi voir Marie-Arlette Carlotti, ex-ministre déléguée aux handicapés et députée des Bouches-du-Rhône assaillie par les caméras, pratiquement plaquée contre un mur, assurer qu'elle était "très fière d'être dans cette noble Assemblée" – a défaut d'avoir réussi à s'installer dans la non moins noble mairie de Marseille. A l'inverse, l'ancien ministre des relations avec le Parlement, Alain Vidalies, a lui pu traverser la salle dans une relative quiétude, discret et retenu, comme à son habitude. Bronzé après un mois de repos chez lui, dans les Landes, il lui est aujourd'hui "presque naturel" de revenir s'installer parmi les députés, lui qui a siégé vingt-quatre ans sans discontinuer avant d'entrer au gouvernement.


Ce qui est loin d'être le cas de Michèle Delaunay ou Guillaume Garot, respectivement ex ministre aux personnes âgées et ex ministre à l'agroalimentaire. La première - qui "regrette de ne pas avoir eu 6 mois de plus" à son poste - a beau être élue depuis 2007, elle n'a pas pour autant su anticiper son retour. Non seulement devra-t-elle se contenter d'un bureau temporaire pour le moment mais, surtout, elle s'est faite souffler sa place dans l'hémicycle par l'ancien ministre de la ville, François Lamy. Celui ci a fait attention à récupérer la place centrale de Vincent Feltesse, le suppléant de Michèle Delaunay, quand celle-ci a mécaniquement récupéré la place de Jérôme Guedj (suppléant de M. Lamy) et n'était pas franchement ravie de se retrouver complètement excentrée dans l'hémicycle.


ATELIER COURRIER ET ATELIER TEXTO


De son côté, Guillaume Garot, en retard pour la séance de questions au gouvernement s'est trouvé un peu perdu en arrivant, ne sachant pas où s'asseoir malgré les indications de députés bien installés eux depuis près de deux ans. Il a finalement fallu qu'une huissière vienne à son secours pour lui indiquer où s'asseoir. Puis, dans le brouhaha de la séance de questions, chacun s'est rapidement fondu dans la masse parlementaire. Ainsi l'ex ministre du budget, Pierre Moscovici, installé à la place de Christian Eckert entre Pierre-Alain Muet et Henri Emmanuelli avec qui il n'a cessé de papoter.


Ou encore Philippe Martin, bref ministre de l'environnement, qui a conversé un moment avec son voisin de derrière, Daniel Vaillant. Sur le même rang, un peu à gauche, l'ex premier d'entre eux, Jean-Marc Ayrault, qui s'est dit "sensible à l'accueil chaleureux des députés socialistes en réunion de groupe" et s'est assis à la place de Jean-Patrick Gilles - sans lui demander son avis.


Pour le désormais simple député de Loire-Atlantique, ce fut atelier courrier pendant toute l'heure de séance qu'il a consacré à répondre à tous les petits mots de soutien qu'il recevait. Tout sourire au milieu des siens, Cécile Duflot s'est quant à elle appliqué dans un atelier texto, gardant presque toujours la tête penchée vers le petit écran lumineux sous la table - sauf quand son collègue François-Michel Lambert lui expliquait le fonctionnement des cartes magnétiques pour les votes solennels. "Accueillie avec plaisir dans un esprit de travail parlementaire", par le co-président du groupe, François De Rugy, l'ex ministre du logement a déjà dû montrer les muscles pour ne pas se faire piquer son bureau par les socialistes. Résultat, fine manœuvrière qu'elle est, Cécile Duflot a fini par récupérer à la place le bureau de l’ancien président du groupe UDI à l’Assemblée, Jean-Louis Borloo.


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