Syrie : la conférence de paix Genève 2 annoncée pour le 22 janvier


"Le conflit fait rage depuis trop longtemps. Il serait impardonnable de ne pas saisir cette occasion de mettre fin aux souffrances et aux destructions qu'il a provoquées", selon le porte-parole du secrétaire général de l'ONU.


Mais il a rappelé aux deux parties que le but de la réunion serait de mettre en œuvre le plan pour un règlement politique du conflit adopté en juin 2012 par les grandes puissances. "Le secrétaire général attend des représentants syriens qu'ils viennent à Genève bien conscients du fait que [ce plan] est l'objectif, et avec la ferme intention de mettre fin à la guerre qui a déjà fait bien plus de 100 000 morts, chassé de leurs foyers près de 9 millions de personnes, fait un nombre incalculable de disparus et de détenus, bouleversé la région et imposé un fardeau inacceptable aux voisins de la Syrie", a dit le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Martin Nesirky.


"Le conflit fait rage depuis trop longtemps. Il serait impardonnable de ne pas saisir cette occasion de mettre fin aux souffrances et aux destructions qu'il a provoquées", a ajouté le porte-parole. Le secrétaire général de l'ONU ne précise pas quels seront les participants à la conférence de paix, que les Etats-Unis et la Russie tentent d'organiser depuis mai. On ignore notamment si l'Iran sera représenté.


CONDITIONS POSÉES PAR LES PARTIES


Genève 2 est censée rassembler régime et opposition à une même table de négociations pour mettre fin au conflit qui a fait plus de 120 000 morts en deux ans et demi, selon un bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). La conférence a été maintes fois reportée. Si régime et opposition ont donné leur accord de principe pour participer à cette réunion, chacun pose des conditions que l'adversaire juge rédhibitoires.


L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, qui prépare la conférence, a retrouvé lundi matin à Genève les vice-ministres des affaires étrangères russes, Guennadi Gatilov et Mikhaïl Bogdanov, et la sous-secrétaire d'Etat américaine, Wendy Sherman. Une des questions qui devra être réglée est la forme que pourrait prendre la participation à la conférence de l'Iran, allié de Damas, et de l'Arabie saoudite, qui soutient l'opposition.


Si l'opposition syrienne, extrêmement divisée sur le sujet, a annoncé son accord pour participer à des négociations de paix, elle a posé comme condition que le président Bachar Al-Assad quitte le pouvoir et soit exclu de toute phase transitoire. Le régime syrien exclut, lui, tout départ de M. Assad. "La question de savoir si Assad compte envoyer une délégation à Genève qui aura un pouvoir décisionnel est encore en suspens", a expliqué un diplomate de l'ONU.


Lors de Genève 1, en juin 2012, les ministres des grandes puissances et des pays voisins de la Syrie avaient adopté un plan pour un règlement politique du conflit, avec la mise en place d'un gouvernement de transition et d'union nationale, incluant différentes composantes politiques syriennes, doté de tous les pouvoirs. Il sera chargé de préparer des élections et une réforme constitutionelle. Le texte alors adopté ne spécifiait pas explicitement le sort du président Bachar Al-Assad.







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