L'immobilier de luxe a flambé en 2013 dans le monde... sauf à Paris


L'Arc de Triomphe à Paris, vu depuis l'avenue Foch.


Sur un an, le nombre de transactions a plongé de 7,5 % à Paris et de 15 % à Hongkong, où une taxe sur les mutations a été mise en place par le gouvernement. En revanche, les ventes ont progressé de 62 % à San Francisco, 40 % à Los Angeles, 29 % à Sydney, 27 % à Miami, 22 % à New York et 20 % à Londres.


Lire aussi : L'incroyable flambée des prix de l'immobilier à Londres


En 2013, la capitale française a vu ses prix reculer de 9,8 % sur ce marché de niche, qui représente 5 % à 6 % du secteur immobilier français. En revanche, les prix ont progressé de 21,8 % à Los Angeles et 17,2 % à San Francisco, 13 % à Sydney, 11,8 % à Miami, 9,70 % à Hongkong, 8,20 % à Londres et 7,60 % à New York.


« Aux Etats-Unis, les villes qui avaient été le plus affectées par la crise des subprimes sont aussi celles qui rebondissent le plus fortement, comme Los Angeles ou Miami, alors que New York avait moins souffert », analyse Charles-Marie Jottras, président de la société spécialisée Daniel Féau, qui fait partie du réseau Christie's.


Après une année 2013 difficile, les stocks d'appartements de luxe proposés sur le marché parisien ont gonflé. Chez Féau, la valeur des stocks d'appartements à vendre représente 5,4 milliards d'euros, contre 3,8 milliards d'euros au printemps 2013. Le groupe fait cependant état d'une légère reprise des transactions depuis quelques mois.







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L’écoute en ligne de musique se généralise en France


Spotify, déjà implanté sur le marché américain, vient de lever 250 millions de dollars (185 millions d'euros) auprès d'un groupe de capital-risqueurs emmené par Technology Crossover Ventures. Cet investisseur est du métier, puisqu'on le retrouve chez Netflix, le roi du streaming pour les films et les séries télévisées.


Il s'agit d'une contreperformance due au recul des ventes physiques (-12,6 %) et des ventes de téléchargement à l'acte (- 10 %).


Sur la même période, la production française offre toutefois une belle résistance, en occupant grâce à l'effet de traîne des ventes de Stromae, Maître Gims, Les enfoirés etc, huit places sur les dix meilleures ventes.


Mais c'est surtout lorsqu'on entre dans les détails des résultats que l'industrie musicale peut voir des raisons d'espérer. Sur les 100 millions d'euros de chiffre d'affaires, 67,3 millions provient du marché physique, en recul de 12,6 %, et 33 millions repose sur le marché numérique (+6,6 %) qui représente un tiers du marché, contre 20 % en 2011. La croissance du marché de la musique numérique est de 25 %, en trois ans.


A l'intérieur de ce marché, le streaming, l'écoute en ligne de musique sans téléchargement, prend son envol. Au cours du premier trimestre 2014, le streaming a franchi le cap de 50% des ventes numériques. Avec un chiffre d'affaires en hausse de 40% par rapport à l'an dernier, il explique à lui seul la croissance des ventes de musique numérique. A ce jour, le streaming seul représente 17% du marché global de la musique.


Pour les producteurs de musique, c'est cette évolution qui apparaît particulièrement favorable, car les majors comme les labels indépendants estiment que le streaming est le marché d'avenir pour la musique. Ce phénomène devient quasi général. A l'instar des pays scandinaves, la France opère une mutation en profondeur de son modèle économique et accentue sa dématérialisation. A terme, les revenus pour les artistes et tous les groupes de musique proviendront d'un côté du « live » et des revenus des concerts, de l'autre de ceux du streaming.







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Pourquoi George Washington ne souriait jamais


L’anecdote est sans doute la plus connue des aficionados de la dentisterie. Lorsqu'il devint le premier président des Etats-Unis d'Amérique, en 1789, George Washington, 56 ans, n'avait plus qu'une seule dent d'origine, une canine inférieure que cet ancien planteur avait réussi à garder de l'époque où il se nourrissait un peu trop de canne à sucre.


L'un des dentiers de Georges Washington, exposé au Mount Vernon.

L'un des dentiers de George Washington, exposé au Mount Vernon.



La bouche remplie de caries, comme chez beaucoup d'aristocrates de l'époque, George Washington aurait commencé à perdre ses dents vers 22 ans, en tentant de casser une noix brésilienne, selon la légende. Mais la cause probable de ses problèmes dentaires pourrait trouver son origine dans la prise abusive d'un médicament, le calomel, un purgatif puissant utilisé pour traiter la malaria et qui contient du mercure.


Pour la petite histoire, c'est ce même calomel qui aurait causé la mort d'Agnès Sorel, favorite de Charles VII, en 1450, mais aussi précipité celle de Napoléon, en 1821.


George Washington souffrait des dents, donc. De fait, il disposait de plusieurs dentiers – aucun d'eux n'étant en bois, malgré la croyance populaire – qui lui déformaient la mâchoire et lui causaient d'atroces douleurs. Certains sont encore exposés au Muséum national de la dentisterie Dr. Samuel D. Harris, à Baltimore, dans le Maryland, d'autres sont visibles au Mount Vernon, où vécut George Washington, sans jamais sourire ou presque.


Le Dr. Greenwood avait prévu un trou pour faire passer la dernière dent de George Washington.

Le Dr. Greenwood avait prévu un trou pour laisser passer la dent de George Washington.



L'un d'eux, sculpté en ivoire d’hippopotame, est particulièrement célèbre. Fabriqué par le Dr. John Greenwood, et fait de fils d'or et de vis de laiton, il était semé de dents animales, vache, âne, ou cheval, mais aussi de dents humaines, notamment d'esclaves. Selon ses livres de comptes, cités par l'historien Michael Beschloss dans le New York Times , George Washington avait acheté en 1784 neuf dents d'esclaves anonymes pour le prix de 122 shillings.


Le président américain porta ce dispositif, qui s'ouvrait et se fermait grâce à des ressorts très bruyants, pendant les neuf dernières années de sa vie. Le Dr. Greenwood avait prévu un trou pour laisser passer sa dernière dent. Quand celle-ci finit par tomber, le dentiste la reçut en cadeau.


L'un des dentiers de George Washington, exposé au musée de la dentisterie de Baltimore.

L'une des prothèses dentaires de George Washington, exposé au Muséum national de la dentisterie de Baltimore.



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Cliven Bundy, le cow-boy de l'Amérique anti-Washington


(AP Photo/Las Vegas Review-Journal, John Locher)

(AP Photo/Las Vegas Review-Journal, John Locher)



C'est l'histoire d'un vacher du Nevada qui refuse de payer ses taxes au gouvernement fédéral, d'un cow-boy moderne érigé en figure de la fronde anti-fédérale et d'une mobilisation populaire qui se dit "patriote" et vire à la milice populaire, transformant un ranch ordinaire en un semi-village de forcenés protégé par des ultrareligieux munis d'armes automatiques.


Cliven Bundy, 67 ans, est éleveur de vaches, il a le chapeau et le ranch qui vont avec, à Bunkerville, dans le Nevada, à une bonne heure de route de Las Vegas.


Capture d'écran / Google maps

Capture d'écran / Google Maps.



Depuis une vingtaine d'années, il mène une fronde obstinée contre le gouvernement fédéral américain qui lui demande instamment, comme à tout bon vacher du Nevada, de s'acquitter d'une taxe pour laisser ses bovins paître sur des terres dont l'Etat est propriétaire.


Sauf que le "cow-boy" n'entend pas se la laisser conter. Selon lui, "[ses] ancêtres sont arrivés avant le gouvernement fédéral sur ces terres", indique le Los Angeles Times , il considère donc qu'il y a tous les droits et n'a pas versé un centime pour le plancher de ses vaches. Sauf que sa fronde a un coût : il devrait aujourd'hui plus d'un million de dollars à l'administration américaine.


Face à l'obstination du sexagénaire, l'administration a envoyé des hommes pour tenter d'encercler le troupeau en avril. Sauf qu'en sus de vaches ils ont dû faire face à des hommes armés bien décidés à les faire reculer. C'est le début de ce que les frondeurs appellent la "bataille de Bunkerville", qui dure maintenant depuis plusieurs semaines.


Tout ce que l'Amérique compte d'anti-fédéralistes, de complotistes, d'adorateurs de Dieu


Parce que ces derniers n'ont pas quitté la ville une fois les autorités boutées hors des terres. Bunkerville s'est transformée en un siège de tout ce que l'Amérique compte d'anti-fédéralistes, de complotistes, d'adorateurs de Dieu et d'opposants à Barack Obama et notamment à l'Obamacare. Les miliciens patrouillent au-delà des limites de la propriété, installant même des points de contrôle, rapporte le Los Angeles Times, au point d'affoler un député et les populations environnantes, indique le Las Vegas Sun .


(REUTERS/Steve Marcus)

(Reuters/Steve Marcus).



Rassemblés sous le mot d'ordre de "patriotes", revendiquant leur "défense de la souveraineté", ils se promènent à Bunkerville la mitraillette à l'épaule au point que le député démocrate Steven Horsford les traite de "terroristes domestiques".


Jusqu'à peu, ils avaient le soutien des républicains, mais ces derniers ont été embarrassés récemment par les propos de M. Bundy. Celui qui dit agir sous l'effet d'une "révélation divine" s'est mis à tenir des propos racistes qui lui ont fait perdre, pour l'instant, un peu de son aura dans l'opinion américaine.


Les miliciens campent toujours.


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Thierry Langlois, le patron de France 3, démissionne


Thierry Langlois, le directeur des programmes de France 3, quittera la chaîne le 18 juillet. Sa démission a été confirmée au Monde après avoir été annoncée par puremedias.com, qui citait comme source Rémy Pflimlin, président de France Télévisions.


Ce départ est lié à une série de désaccords avec M. Pflimlin et Bruno Patino, la directeur des antennes du groupe. M. Langlois leur aurait reproché des arbitrages trop fréquemment défavorables à sa chaîne au détriment de France 2.



  • Conflit de territoire avec France 2


"Si Thierry Langlois a démissionné, c'est qu'il considérait que pour mener à bien sa stratégie, il lui manquait certaines garanties", explique un cadre du groupe. Une façon allusive d'évoquer le conflit d'identité et de territoire qui existe entre France 3 et d'autres chaînes, notamment France 2.


France 3 est la chaîne du groupe qui a officiellement vocation a traiter l'histoire, le patrimoine et les territoires. M. Langlois estimait que France 2 faisait trop d'incursions sur ce terrain.


Autre question qui a nourri sa décision : celle de la régionalisation de France 3. Augmenter la part des programmes régionaux est une volonté de certains élus et un des débats à trancher selon la mission menée par Anne Brucy. Or Thierry Langlois était partisan d'une stratégie très claire : celle de donner une "qualification régionale" aux programmes nationaux de la chaîne (fictions, documentaires, magazines...)


Paradoxe : en poste depuis la rentrée 2011, M. Langlois a un bilan plutôt positif en termes d'audience. Avec 9,7% de part d'audience en 2012 et 9,5% en 2013, France 3 s'est en effet stabilisée, après une phase de recul.


Ce départ fait suite à la démission du directeur des programmes de France 2, Philippe Vilamitjana, en octobre 2013, et au licenciement de la directrice de France 4, Sandrine Roustan, fin 2013. Ce n'est pas un signal positif pour l'entreprise publique, dont la direction a tenté de dissuader Thierry Langlois de partir.


"À la demande de Rémy Pflimlin, Bruno Patino est chargé de proposer les évolutions de la direction de France 3 afin d’assurer la continuité de l’action engagée", dit simplement le communiqué du groupe, publié mercredi en fin de matinée.


Alexis Delcambre et Alexandre Piquard


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Irak : ouverture des bureaux de vote pour les élections législatives


Lundi, lors du scrutin anticipé organisé pour que les forces armées puissent surveiller les élections des citoyens irakiens, une série d'attentats avait causé la mort d'au moins vingt personnes.


Lire : Nouri Al-Maliki favori en dépit de son bilan sécuritaire







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Libye : des hommes armés attaquent le Congrès


Ezzedine Mohammad Yunus Al-Awami, président du Congrès général national.


Le siège du Congrès est régulièrement la cible d'attaques de groupes armés, comme celle perpétrée le 2 mars, dans laquelle deux députés avaient été blessés par balle. Les élus ont été évacués, et des coups de feu étaient toujours entendus dans le périmètre.


Lire : La Libye, trois ans plus tard : un pays à l'abandon


Peu avant l'attaque, les membres du Congrès, la plus haute autorité politique et législative du pays, s'apprêtaient à voter pour choisir un premier ministre entre deux candidats : Ahmed Miitig, homme d'affaires originaire de la ville de Misrata, et Omar Al-Hassi, universitaire de Benghazi. Ils étaient arrivés en tête du premier tour avec respectivement 67 et 34 voix, sur 152 députés présents.


Selon des membres du Congrès, cette nouvelle attaque survient après une dispute entre des protestataires armés et les gardes du Congrès. D'autres avancent que l'attaque a été perpétrée par les partisans d'un des deux candidats, qui auraient reçu des informations sur une possible défaite de leur favori.







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Finalement, l'Agence pour la création d'entreprise poursuit son activité


Selon le rapport Restino-Bert,le site internet de l'APCE pointe au 11e rang des sites gouvernementaux et affiche une audience identique à celui du site du ministère de la défense.


Cette réunion a entériné le départ de la président actuelle, Frédérique Clavel, a permis d'approuvé les comptes 2013 mais surtout a été l'occasion pour le commissaire aux comptes de lever la procédure d'alerte avec à la clé la décision de poursuivre l'activité de l'agence. .


Le conseil d'administration doit se réunir une nouvelle fois mercredi 30 avril. A cette occasion sera désigné un nouveau président et sera actée l'arrivée d'un nouvel entrant important au conseil d'administration. Il s'agit de la caisse des dépôts et consignations (CDC). Selon nos informations, des discussions se poursuivent pour élargir le périmètre de cette nouvelle gouvernance à d'autres acteurs, dont Pôle emploi. Mais ceci ne devrait intervenir que plus tard.


NOUVEAU TOUR DE TABLE


Boucler un nouveau tour de table, avec de nouveaux intervenants, était devenu une nécessité depuis que l'Etat avait décidé de se désengager partiellement de l'APCE. L'Etat, la CDC, les chambres de commerce, les chambres des métiers et de l'artisanat, l'Ordre des experts comptables sont parvenus à un accord pour « définir et mettre en œuvre un projet pluriannuel qui assure la pérennité de l'agence » selon un document communiqué lors du conseil d'administration du 29 avril.


Ce projet portera sur la période 2014-2017. il devrait largement s'inspirer des conclusions du rapport co-écrit par Dominique Restino et Thierry Bert et remis au gouvernement fin janvier 2014. Convaincus que l'APCE devait poursuivre sa mission d'intérêt général, ils estimaient que l'Etat devait rester engagé auprès de l'APCE, même si son financement devenait minoritaire.


Les auteurs insistaient particulièrement sur la qualité du site internet de l'agence, considéré comme une voie de passage incontournable pour tous les créateurs d'entreprises, en particulier les auto-entrepreneurs. Selon le rapport Restino-Bert, ce site pointe au 11e rang des sites gouvernementaux et affiche une audience identique à celui du site du ministère de la défense.


S'ils estimaient nécessaire une restructuration de l'APCE, avec des réductions d'effectifs à la clé, les auteurs jugeaient également prioritaire de développer les ressources propres de l'agence, qui actuellement ne représentent que 48 % de son budget global, lequel se monte à un peu plus de 6 millions d'euros.


Cette évolution du modèle économique de l'APCE passerait notamment par une montée en puissance de la publicité sur le site internet et une facturation croissante des services assumés par l'agence Cette dernière n'échappera cependant pas à une restructuration. le directeur général de l'APCE, Alain Bélais, a été mandaté pour prendre les « mesures propres à la réduction des charges ».







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Le principal cabinet de placement de chômeurs au bord du gouffre


Le principal cabinet privé de placement de chômeurs, C3 Consultants, n'en finit pas de s'effondrer. Alors que la principale société du groupe, C3 Atlantique, est placée sous redressement judiciaire depuis le 5 février, l'administrateur judiciaire préconise désormais dans son dernier rapport, que s'est procuré Le Monde, d'étendre la procédure de redressement à l'ensemble du groupe (C3 Est, C3 Sud-Ouest et C3 Ile-de-France). Le tribunal de commerce de Nantes, dont dépend le siège du groupe, devrait décider mercredi 30 avril s'il suit ou non l'avis de l'administrateur.


La société, qui emploie près de 600 salariés, prétend être le leader français du placement de chômeurs, avec 125 000 demandeurs d'emplois suivis pour le compte de Pôle emploi en 2013. Selon l'administrateur judiciaire, "l'exercice 2013 de C3 Atlantique est catastrophique puisque le chiffre d'affaires s'effondre et se solde par une perte supérieure au chiffre d'affaires de 8 millions d'euros". Les trois autres sociétés sont "également en cessation de paiement" et "dans l'incapacité de régler les sommes dues à C3 Atlantique, soit la somme de 2 729 305 euros".


DEUX ENQUETES JUDICIAIRES


"A ce jour, le Groupe C3 Consultants Atlantique n'a trouvé aucune autre solution de financement. En tout état de cause, l'impasse de trésorerie au niveau du groupe est aujourd'hui réelle. Compte tenu des besoins financiers courants, il est à craindre un arrêt d'activité à court terme", alerte l'administrateur. Jusqu'ici, Pôle emploi, inquiet qu'un éventuel arrêt d'activité brutal de C3 puisse laisser sans suivi plusieurs dizaines de milliers de chômeurs, a maintenu son soutien à la société. L'organisme avait décidé en février d'accorder une avance sur marché de 3,5 millions d'euros pour éviter la liquidation. Mais cette avance s'est visiblement déjà évaporée, sans permettre au groupe de rétablir ses comptes.


Plus grave, le dirigeant de C3 Consultants, Thierry Frère, fait toujours l'objet d'une enquête préliminaire pour des soupçons d'abus de biens sociaux. La justice s'intéresse notamment aux fonds versés au club de basket féminin dont il est président, le Nantes Rezé Basket. En tout, 1,9 millions d'euros ont été versés au club entre 2010 et 2013, "ce qui apparaît excessif pour une société de la taille de C3 Consultants Atlantique", écrit l'administrateur. "Il s'agit de simples contrats de sponsoring. A peu près tous les clubs de sport sont sponsorisés par leur président", rétorquait en avril l'avocat de M. Frère, Me Michel Quimbert. Par ailleurs, la police, qui a perquisitionné en avril les bureaux de M. Frère, le soupçonne d'avoir fait financer des travaux à son domicile sur les fonds de C3. "Tout a été régularisé", assurait Me Quimbert.


LES SYNDICATS ALARMES, M. FRERE PRET A PARTIR


C3 Consultants fait par ailleurs l'objet d'une autre enquête préliminaire pour "détournements de fonds publics, faux et usage de faux", menée cette fois-ci par le parquet de Bobigny. La société, chargée de suivre et de placer des jeunes de quartiers en difficultés dans le cadre de "contrats d'autonomie" – une mesure lancée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy –, est suspectée d'avoir produit des faux contrats de travail pour facturer à l'Etat de prétendues "sorties positives" vers l'emploi de ces jeunes en Seine-Saint-Denis. Un dossier qui s'était soldé par un accord amiable avec l'Etat en novembre 2013, mais qui intéresse toujours la justice.


>> Lire : Soupçons de fraude sur les contrats aidés en Seine-Saint-Denis et Arnaque aux contrats aidés : à Tremblay, Namia et Lena témoignent


Lors de la dernière audience au tribunal de commerce de Nantes, le 16 avril, les délégués syndicaux CFDT et CGT de C3 Atlantique ont demandé aux juges d'écarter Thierry Frère de la gestion du groupe. "On demande plus que jamais son départ, il faut arrêter ce jeu du chat et de la souris", estime Pascal Bioret pour la CFDT. "Non seulement les 3,5 millions de Pôle emploi ont disparu, mais en plus il y a une activité élevée des salariés en ce moment et on ne sait même pas où passe l'argent facturé", abonde Pierre Bily, pour la CGT. "M. Thierry Frère ne semble pas prendre conscience de la situation puisqu'il n'envisage pas de saisir le tribunal de commerce d'une demande de redressement judiciaire de ces différentes sociétés, estime de son côté l'administrateur. En dépit de nombreuses demandes, les données d'exploitation depuis le début de la période d'observation n'ont pas été transmises."


Face à cette situation, M. Frère pourrait finalement accepter de se retirer. "La société n'est pas dans une situation aussi grave que celle défendue par le rapport, mais il faut pour sauver l'édifice trouver des partenariats, voire un repreneur crédible", admet désormais son avocat Me Quimbert. "M. Frère est prêt à toute solution raisonnable, y inclus à passer la main", assure-t-il.


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Journaliste au Monde depuis 2009, je m'occupe des questions d'emploi et de social au sein du service politique depuis septembre 2011. Auparavant, je travaillais sur les desks du site Internet. Passé du "web" au "bimédia", du HTML au PLFSS, je n'en garde pas moins un attachement pour tout ce qui se rapproche de près ou de loin du journalisme en ligne.







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A Bénarès, la démesure des élections indiennes en 13 photos



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Enseigner la programmation à l’école, une grande cause nationale ?


De partout, à travers le monde, l'idée de l'apprentissage du numérique à l'école semble être devenue le nouveau Graal. En France, la Fing (dont je suis employé) et de nombreuses autres associations et organismes ont même déclaré l'éducation au numérique grande cause nationale pour l'année 2014. Mais quel est l'enjeu de cet engouement pour le qu'évoquait dernièrement le designer Jean-Louis Fréchin dans les Echos ?


Le présupposé part le plus souvent d'un principe simple : le numérique est l'enjeu de nos sociétés de demain, il faut donc apprendre aux plus jeunes non seulement les usages, mais également la programmation, le code, pour qu'ils sachent mieux comprendre le monde de demain et qu'ils puissent trouver de l'emploi dans les métiers du numérique qui peinent déjà à trouver les professionnels dont ils ont besoin. Soit, tout le monde est certainement d'accord avec l'objectif. Et je le partage également.


Mais doit-on l'être avec la méthode ? Est-ce que créer des cours d'informatique à l'école est la bonne réponse ?


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Image : citation extraite de Questions numériques, les controverses, provenant d'un article de Chase Felker sur Slate.com .


Personnellement, l'idée me laisse parfaitement dubitatif.


Nombreux sont ceux qui promeuvent l'enseignement de l'informatique à l'école : on pense notamment aux informaticiens Gérard Berry ou Serge Abiteboul... au rapport de mai 2013 de l'Académie des sciences (.pdf), au lobbyisme de la Société informatique de France (voir son rapport (.pdf) et également sa lettre ouverte au Président de la République), à celui (.pdf) du syndicat Syntec Numérique... Au-delà des prises de position assumées pour l'enseignement du code à l'école, c'est une question et un débat qui agite tout le monde du numérique.


Les prosélytes de l'enseignement du code sont inspirés par d'innombrables initiatives. Et ils ont raison de l'être, tant ces initiatives sont souvent stimulantes. L'on pense bien sûr à Une heure de code, au réseau Hackidemia, à Code for America, mais également à son équivalent européen, Code for Europe (et leur équivalent national, qui devrait bientôt voir le jour). On pense aussi à ces lieux, à travers le monde, qui encouragent la création plutôt que la consommation du numérique, comme le pointait Regards sur le numérique. Au Royaume-Uni, on pense à une démultiplication d'initiatives, qui vont de l'enseignement au code à l'école primaire, mais plus encore aux campagnes comme Year fo Code, Web for Everyone ou Making Things do Stuff... En France, on pense à 42.fr, l'école d'immersion au code lancée par Xavier Nieel, à la Web@cadémie, au Wagon, à Simplon.co (dédiée à la formation professionnelle), aux coding goûters pour les plus jeunes, aux petits débrouillards, à Educaduino, aux initiatives portées par nombre de FabLabs à destination des plus jeunes... Une démultiplication d'initiatives qui visent à proposer aux décrocheurs scolaires une formation à l'informatique pour rejoindre un secteur en plein développement et offrir à ceux qui le souhaitent les moyens de réaliser leurs projets, comme l'expliquait un récent reportage du Monde.fr.


Mais, si ces initiatives se déroulent pour l'essentiel en dehors de l'institution scolaire (même si certaines sont en partenariat avec elle), peut-être nous faut-il en comprendre les raisons...


Que serait un enseignement de l'informatique dans le cadre de l'école ? A quel niveau cet enseignement doit-il se passer ? A l'école ? Au collège ? Au lycée ? Pourquoi chercher à ajouter une discipline à des programmes déjà chargés ? Combien de professeurs faudra-t-il recruter pour atteindre cet objectif ? De combien d'heures de cours parlons-nous ? Pour apprendre quoi ? Trouvera-t-on les informaticiens nécessaires pour former les enfants quand on manque déjà cruellement de professeurs de mathématiques à l'école et d'informaticiens en entreprise ? Comment seront-ils formés ? ... La perspective du passage à l'échelle d'une généralisation de l'enseignement de l'informatique à l'école pose plus de questions qu'elle n'en résout.


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Image : la cartographie des controverses de la Fing sur la question "Tout le monde doit-il apprendre à coder ?".


Si les défenseurs de cette idée se réfèrent aux initiatives d'enseignements innovants de l'informatique que nous avons évoquées... croient-ils un instant que les milliers de profs d'informatiques que l'Education nationale devra recruter seront tout aussi innovants ? Regardez l'enseignement de la technologie à l'école (qui est censé donner des bases dans l'utilisation de l'informatique d'ailleurs) : c'est, à de rares exceptions près (il y en a, heureusement), l'un des pires cours qui soit pour les enfants. Certains professeurs y enseignent l'usage de l'ordinateur sans même amener leurs élèves devant une machine, simplement en donnant à leurs élèves des fiches sur comment fonctionne un ordinateur... Croit-on vraiment que le recrutement de milliers d'informaticiens (et l'Etat devra recruter des informaticiens pour faire cours et créer un certificat d'enseignement dédié - ce qui risque de prendre quelques années) va les rendre les cours passionnants, par magie ? Hormis quelques vrais geeks passionnants et quelques nerds passionnés, pour ma part, je ne connais pas plus ennuyant qu'un informaticien qui se précipite rapidement dans son savoir pour le rendre obscur à ceux avec qui il discute.


En fait, pour les partisans de l'apprentissage du code à l'école, enseigner l'informatique à l'école est la seule réponse pour "tout changer". C'est la seule option pour initier un changement en profondeur dans nos rapports à l'informatique et à nos machines, pour transformer la société et la faire entrer dans le XXIe siècle.


Dans son dernier exercice de prospective, Questions numériques , la Fing a dressé la cartographie de cette controverse. Elle explique notamment que si tout le monde est d'accord sur l'importance de donner une culture numérique aux élèves, tout l'enjeu demeure de savoir ce qu'on attend de cet enseignement. Avec l'informatique, "le contenu pédagogique est dans une large mesure, indissociable de la manière de l'enseigner : on imagine mal enseigner l'informatique avec la combinaison actuelle de cours magistraux et d'exercices solitaires, le plus souvent réalisés sur papier. On peut alors concevoir la "culture numérique" comme le cheval de Troie dans lequel se cache la volonté de transformer en profondeur le système éducatif - un objectif sur lequel tout le monde ne s'accordera pas plus demain qu'aujourd'hui". Et la Fing de poser quelques passionnantes questions au débat :



  • "La culture numérique est-elle au coeur des transformations du système éducatif, ou s'agit-il juste d'une matière supplémentaire, certes importante et utile aux autres matières ?" ;

  • "Le numérique transforme-t-il d'abord le contenu des matières (rupture épistémologique), la manière de les enseigner (rupture pédagogique), ou les deux ?" ;

  • "Les changements apportés par la culture numérique se produiront-ils d'abord à l'intérieur des systèmes publics d'éducation, ou bien dans leur périphérie ? Et, dans le second cas, changeront-ils durablement l'équilibre entre les différentes formes d'enseignement ?" ;

  • "Quelles valeurs, quels savoir-faire et quels savoir-être veut-on privilégier sous le couvert de la "culture numérique" ?"


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Image : les enjeux de la culture numérique sur l'éducation, illustrée par la Fing.


Même si tous ceux qui le défendent ne le reconnaissent pas, on voit bien que l'enseignement du numérique est une sorte de cheval de Troie. Un cheval de Troie pour enseigner autrement, pour innover, pour introduire à l'école de nouvelles manières d'apprendre. Alors pourquoi se focalisent-ils sur un nouveau contenu disciplinaire plutôt que sur la manière d'apprendre ? Est-ce parce que c'est plus facile ? Certainement...


Pourtant, si on n'enseigne pas l'informatique autrement, d'une manière beaucoup moins aride qu'elle ne l'est actuellement, il y a fort à parier que cet enseignement nous conduit aux mêmes échecs que le plan calcul. Or, comment enseigne-t-on l'informatique autrement ? Les modèles à la Simplon ou à la 42, si souvent évoqués sont stimulants, mais est-ce que les profs d'informatique traditionnels qu'on recruterait pour faire cours seraient au fait de ces nouvelles méthodes ? Permettez-moi d'en douter.


Si l'introduction d'un nouvel objet disciplinaire (l'informatique, mais à d'autres époques on aurait pu parler de la mécanique ou de l'électronique) est un moyen pour introduire de nouvelles pratiques et de nouvelles méthodes d'enseignement, alors il me semble qu'on se trompe d'objectif, car ces nouvelles pratiques et méthodes ne sont pas liées à une matière et risquent surtout de ne pas avoir lieu. Introduire l'informatique à l'école est un solutionnisme rapide, un moyen de tenter un contournement... Car si le problème est la manière même d'enseigner, alors ce n'est pas en introduisant une nouvelle matière qu'on va le résoudre. Mais bien en s'attachant à comment favoriser de nouvelles manières d'enseigner. Comme l'expliquaient les participants à un atelier de la journée Décoder le code qui se tenait le 2 avril dernier, la réflexion sur l'apprentissage du code à l'école interroge surtout la manière même d'apprendre, explique Amandine Brugière de la Fing. "En cela, elle remet en cause la pédagogie classique et propose des modèles plus proches de l'enseignement coopératif, du compagnonnage, du mentorat. La relation entre le formateur et l’apprenant en est transformée, brouillant les frontières classiques entre le sachant et l’apprenant, et les mettant, touts deux, dans une posture active d’apprentissage pair-à-pair, ou d’apprentissage réciproque."


Si l'informatique n'est qu'un moyen pour promouvoir la pédagogie inversée par exemple, alors peut-être vaut-il mieux regarder comment promouvoir cette nouvelle forme d'enseignement que d'user de l'informatique pour y arriver.


Tom Kenyon du Nesta britannique faisait récemment le même constat rapportait Daniel Kaplan... Lui aussi se révèle dubitatif sur l'ajout de l'enseignement de l'informatique dans les programmes scolaires, car elle consacre un enseignement classique, aride, qui risque d'être bien loin des objectifs d'apports concrets que la diversité des partisans de cet enseignement en attendent. L'enjeu n'est-il pas plutôt de travailler sur l'intégration de l'usage de l'informatique au sein des autres matières ? Kenyon et le Nesta soutiennent une multitude d'initiatives pour impliquer les élèves : concours, ateliers, événements, soutiens de projets provenant d'écoles ou d'élèves... permettant de mobiliser les énergies de ceux qui veulent faire, plutôt que de forcer tout le monde à apprendre... Ce que nous montre le Nesta, c'est qu'il y a d'autres manières de soutenir l'apprentissage à l'informatique que de passer par la création d'un nouveau contenu disciplinaire à l'école.


Bref, en voulant faire du numérique la solution, je ne suis pas sûr qu'on s'attaque au problème. Je ne vois pas de cheval de Troie dans cette proposition d'apprendre le code à l'école. Au final, cela se conclura par une matière supplémentaire, par l'embauche de milliers de profs d'informatique. Pas des innovateurs, ni forcément de brillants pédagogues, mais bien des informaticiens.


Quitte à introduire une matière qui décoiffe, autant promouvoir l'enseignement au design ou à l'entrepreneuriat... ou à la coopération comme le soulignait Emmanuel Davidenkoff. Au moins, on introduira des méthodes différentes et des gens qui penseront à de nouvelles formes pédagogiques.


Mais là encore, je ne suis pas non plus très convaincu par ma proposition. L'enjeu n'est pas d'introduire de nouvelles matières à l'école, que d'introduire de nouvelles formes d'enseignement... qui me semblent reposer plus sur la formation (et la formation continue) des enseignants, sur l'ouverture de l'école à d'autres modalités éducatives. Car ce que nous montre surtout ce foisonnement d'initiatives stimulantes autour de l'apprentissage du code, c'est que l'école n'est pas la solution à tout.


Hubert Guillaud


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Près de la moitié des directeurs d'écoles pris à parti par des parents d'élèves en 2012-2013


49 % des directeurs d'écoles élémentaires et maternelles se sont fait agresser verbalement ou physiquement par des parents d'élèves durant l'année scolaire 2012-2013, selon une étude publiée mardi 29 avril par Le Parisien.


Dans le détail, le harcèlement constitue 38,6 % des agressions, devant les menaces (26,7%), les insultes (23,1 %) et les coups (0,7 %). Ce sont les punitions et les sanctions qui viennent en tête des différends entre les parents et l'école avec 53,3 %, devant la surveillance et la maltraitance entre élèves (45,4 %) et les résultats et les difficultés scolaires (33,1 %).







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Pourquoi nous n’avons pas aimé la sucette électronique



L'actualité était séduisante : ce projet venait de remporter un des prix Netexplo, une organisation qui avait célébré Twitter avant que l'application ne décolle. Le début était tout trouvé : « Après le succès de la cigarette électronique, voici que débarque la sucette électronique. » Le dessin explicatif était presque terminé. Et pourtant.


Pourtant, j'ai abandonné l'idée de parler (dans le supplément hebdomadaire Science&Médecine) de cet instrument qui promettait de faire sentir et de partager par Internet des sensations gustatives, la lollipop numérique (N.B : ce n'est pas la première fois qu'une actualité se dégonfle, comme je l'ai déjà raconté). Deux avis extérieurs m'ont convaincu qu'il y avait en quelque sorte loin de la coupe aux lèvres.


Comment marche le système ?


Deux électrodes d'argent font passer un courant électrique sur la langue et peuvent la chauffer plus ou moins. Cette double stimulation est censée créer des sensations salées, acides, amères ou sucrées en bouche. En fait, le courant électrique déplace les ions présents dans la salive (on parle d'« iontophorèse », d'« électrolyse de la salive » ou d'« électro-gustométrie »), en particulier le sodium et les protons. Mais ces molécules n'ont pas vraiment de « goût », ou alors c'est plutôt saumâtre.


Mais si le courant augmente, à partir d'un certain seuil (environ 50 microAmpère), on va directement stimuler un nerf (le nerf trijumeau), sans passer par l'excitation des récepteurs chimiques. Et ça va picoter, donnant un effet « pimenté » (comme lorsque l'on teste avec la langue l'état de santé d'une pile de 9 volts). Or, ce sont justement de tels courants que le système utilise. C'est donc un simulacre de « goût ».


Le courant peut aussi être inversé et cette fois cela déplace des ions négatifs de la salive, qui sont plutôt rares (un peu de chlorure) et sans « goût » là aussi. En fait, on connaît des ions négatifs qui ont du goût sucré, mais il faudrait les ajouter dans une solution ; ce qui n'est pas le cas ici. Pour l'amertume, a priori on ne connaît pas d'ions. Quant à la température, il est connu que son effet est d'augmenter la sensation de sucré (c'est pour cela que les glaces sont pas mal chargées en sucre pour qu'on le sente !). Mais là, l'inventeur l'associe au mentholé ou à l'épicé seulement.


Bref, sur le plan fondamental, l'invention est à côté de la plaque (et on savait depuis les années 1950 que ces stimulations électriques ne marchent pas, m'explique un chercheur...). Les spécialistes rappellent aussi que ce qu'on appelle « le goût », c'est un mélange d'olfaction, de goût (en bouche) et de somesthésie (sensation de chaleur, douleur...) (donc plus compliqué que ce que fait la sucette).


Mais qu'a démontré Nimesha Ranasinghe, le Sri-Lankais à l'origine de cette invention à l'université de Singapour ?


Dans sa thèse de 2012, il a pris quinze cobayes et leur a demandé de « noter » ce qu'ils ressentaient avec cinq choix (salé, sucré, amer, acide et autre) et trois intensités. C'est statistiquement faible et surtout c'est un mauvais protocole, car il existe une grande diversité dans l'expression gustative. Même sur le sucré ou sur l'amer, les gens divergent ! Un des chercheurs m'explique avoir demandé à soixante personnes de qualifier le goût d'une molécule à partir des quatre saveurs habituelles. Résultat : les réponses se répartissent équitablement sur les quatre noms. Pas de preuves claires donc.


Enfin, dernier argument : la faiblesse des éléments scientifiques. Une thèse, un article en conférence (pas en physiologie du goût mais en électronique), et un autre soumis en janvier 2013 (dans un journal d'interface homme-machine) et toujours pas paru. Léger.


En conclusion, « fumisterie », « publicité », « c'est n'importe quoi », sont des mots entendus, résumant cette invention. Reste que je n'ai pas pu la tester.


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Malgré la crise, les assujettis à l'ISF sont restés généreux en 2013


Un formulaire de déclaration de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF).


Dans le détail, 26 % des contribuables ont donné moins de 250 euros, un tiers plus de 1 000 euros et 10 % plus de 5 000 euros. La crise ne semble pas avoir eu d'impact sur leur générosité : 45 % des personnes interrogées déclarent avoir maintenu le montant de leurs dons et 32 % avoir donné davantage.


Depuis la loi de 2007 en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat, dite loi « TEPA », un contribuable peut déduire de son ISF jusqu'à 75 % des dons effectués à certains organismes ou fondations reconnues d'utilité publique, dans la limite de 50 000 euros.


DÉFICIT D'INFORMATION


Selon Bercy, un peu plus de 290 000 ménages étaient assujettis à l'ISF en 2012. « Les contribuables qui effectuent un don peuvent aussi en déduire 66 % de leur impôt sur le revenu (jusqu'à 75 % pour les associations intervenant dans les domaines de l'urgence alimentaire ou du logement) dans la limite de 20 % de leur revenu imposable, mais ce dispositif ne peut être cumulé avec les réductions d'impôts liées à l'ISF », explique Erwan Grumellon, responsable de l'ingénierie patrimoniale chez Swisslife banque privée.


La grande majorité des personnes interrogées par Ipsos déclarent connaître les possibilités de réduction d'impôt liées à l'ISF ( 91 %), mais seuls 36 % des donateurs y ont eu recours. La plupart des sondés (88 %) préfèrent donc déduire leurs dons de leur impôt sur le revenu. « Cela montre qu'il existe un déficit de connaissance sur le sujet car alléger son ISF est généralement plus intéressant », déclare M. Grumellon.


Lire aussi : Epargner de façon solidaire, c'est possible


L'investissement dans les entreprises moyennes séduit d'avantage les contribuables, puisque un tiers des redevables de l'ISF a déjà investi dans des PME, afin de pouvoir bénéficier du dispositif d'exonération prévu par la loi TEPA. Le montant moyen investi est élevé (13 381 euros en moyenne). Près d'un redevable sur cinq (18 %) déclare même investir plus de 20 000 euros. Aujourd'hui, peu de personnes assujetties à l'ISF cumulent les deux dispositifs (15 %) et la moitié d'entre elles n'ont recours à aucun des deux.







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Vaut-il mieux visiter Lyon que Paris ?




La tour Eiffel enneigée le 5 février 2012.



Paris, ses musées, sa tour Eiffel et ses cafés. On pensait la capitale française indétrônable dans sa place de première ville touristique de France. Mais les touristes étrangers pourraient bien lui faire des infidélités. Dans un article, CNN recense huit raisons de lui préférer Lyon.


Le média américain trouve tout d’abord la basilique Notre-Dame de Fourvière plus jolie que Notre-Dame de Paris. Il apprécie également l’offre musicale de la préfecture du Rhône, et particulièrement les nuits de Fourvière, qui proposent notamment pour son édition 2014 Phoenix et les Pixies, et qui se tient dans un site gallo-romain.


Pour CNN, Lyon dépasse également Paris par son offre gastronomique, sa culture cinématographique, son passé romain, ses parcs et ses rivières. Mais le premier argument avancé par le site est le vin. « A la différence de Paris — qui boit à petits coups quoi que ce soit de fruité posé devant lui, mais ne produit rien — Lyon apporte une bouteille à la fête. Beaucoup de bouteilles même. Lyon est la porte d'entrée de la région viticole du Beaujolais, qui se déploie immédiatement au nord-ouest », fait valoir l’auteur. Et c'est là que l'on réalise que l'article a été écrit par un Américain.


L’argument est doublement contestable : il y a bien des vignes parisiennes, à Montmartre, où quelques vignerons perdurent ; et citer le Beaujolais pour arguer de l'intérêt viticole d'une région est risqué tant ce cru est loin de faire l'unanimité…


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Mondial : Platini recommande aux Brésiliens de se calmer


La référence au football comme nouvel "opium du peuple" ou illustration de l'antique "Du pain et des jeux" n'a rien de nouveau, et elle a malheureusement conduit de nombreux intellectuels à expédier la question de ce sport, en tant que culture populaire recelant richesses et complexité, sous ce seul prisme idéologique. Pour autant, l'évidence est bien que c'est ainsi qu'il a été constamment instrumentalisé par les différents pouvoirs politiques tout au long de son histoire, réunissant dans cette exploitation toutes sortes de régimes, des plus démocratiques aux moins fréquentables. Il l'a aussi été, parallèlement et pas de manière anodine, par les pouvoirs sportifs eux-mêmes, associés aux premiers. L'histoire des Coupes du monde illustre particulièrement cette association, depuis l'édition mussolinienne de 1934 jusqu'à celles prévues en 2018 en Russie et en 2022 au Qatar (lire "La Coupe du monde au plus offrant"), en passant par celle de 1978 dans l'Argentine de la junte militaire.


Le paradoxe est que les organes du football international se dédouanent de tels choix en arguant du caractère non politique du sport, qui devrait en quelque sorte être protégé, sanctuarisé… non pas contre les déterminants de ces choix, qui sont évidemment politiques au sens où ils relèvent de stratégies d'expansion et d'alliances très réfléchies, mais contre les critiques disqualifiées comme "idéologiques" et contre toute tentative d'intrusion des problématiques sociales et politiques dans l'enceinte sportive (sur la prohibition du politique, lire la dernière partie de cet article).


Bande-annonce de beIN Sport pour la Coupe du monde 2014

Bande-annonce de beIN Sport pour la Coupe du monde 2014



"LE BRÉSIL, FAITES UN EFFORT PENDANT UN MOIS, CALMEZ-VOUS !"


Élevées au rang de superpuissances géopolitiques, mais aussi économiques, peu contrôlées et fort peu démocratiques, les confédérations du football ont adopté des comportements autocratiques, quand elles ne sont pas, comme la FIFA, des foyers de corruption où les affaires éclatent sans faire tomber leurs hauts dirigeants. Ponctuellement, ces derniers trahissent leur vision du monde quand, malgré tout, les critiques se font plus pressantes ou quand le social fait irruption, à l'image des mouvements sociaux de l'an dernier au Brésil dans la perspective de la Coupe du monde, qui se sont prolongés jusqu'à aujourd'hui au travers d'autres manifestations ou d'émeutes. La compétition approchant et les protestations ne s'apaisant pas, menaçant de "ternir la fête", Michel Platini, président de l'UEFA et candidat à la présidence de la FIFA, s'est fendue d'une déclaration aussi consternante que possible:


"Le Brésil, faites un effort pendant un mois, calmez-vous ! Rendez hommage à cette belle Coupe du monde. On a été au Brésil pour leur faire plaisir. J’avais dit la dernière fois, on va au Brésil, c’est comme si les Musulmans allaient à la Mecque, les Chrétiens à Rome et les Juifs à Jérusalem. C’est exactement ça, d’aller à la Coupe du monde au Brésil. C’est pour ça que tout le monde se fait une joie d’aller à la Coupe du monde au Brésil. Eh bien les Brésiliens, il faut qu’ils se mettent dans l’idée de recevoir les touristes du monde entier et que pendant un mois, ils fassent la trêve. Pas des confiseurs, mais qu’ils fassent une trêve. Il faut dire aux Brésiliens qu’ils ont la Coupe du monde et qu’ils sont là pour montrer la beauté de leur pays et leur passion pour leur football."


L'OBSCÉNITÉ D'UNE COUPE DU MONDE


Mélange d'inconscience, de condescendance et de cynisme dans des proportions respectives difficiles à déterminer, cette déclaration – qui mérite à peine d'être interprétée tant elle est parlante – traduit l'irritation d'un cacique qui se demande ce qu'il faudrait de plus au peuple brésilien, cet ingrat, pour rentrer dans le rang et être conforme aux clichés auxquels on l'assigne (la fête et le football), ou au moins pour attendre que la caravane soit passée pour exprimer ses revendications. Ces paroles disent ainsi l'indifférence des gouvernants du football pour le sort des populations concernées, et leur volonté de ne pas les entendre exprimer l'obscénité que peut représenter le coût de l'organisation d'une Coupe du monde dans un pays où la pauvreté et les inégalités déchirent déjà le tissu social.


Aussi n'est-il pas étonnant de les voir exprimer leur préférence pour des nations dans lesquelles la contestation a moins de chances de les contrarier. Jérôme Valcke, secrétaire général de la FIFA avait en avril 2013 justifié ainsi l’attribution de la Coupe du monde 2018 à la Russie de Vladimir Poutine: "Un moindre niveau de démocratie est parfois préférable pour organiser une Coupe du monde". Son président Sepp Blatter, probable candidat à un cinquième mandat en 2015, avait pour sa part estimé que le Mundial 1978 avait marqué "une forme de réconciliation du public, du peuple argentin, avec le système politique, qui était à l’époque un système militaire". Voilà qui résumait assez bien les affinités entre la gouvernance de la confédération mondiale et les gouvernements totalitaires.


LE FOOTBALL NE FAIT PLUS ILLUSION


Les bienfaits moraux et les bénéfices économiques présumés de l'organisation des grands événements sportifs font de plus en plus doute, tout comme la priorité accordée par les États à des investissements somptuaires dans des infrastructures qui creusent les déficits publics (lire "Le Portugal, pas encore sorti de l'Euro"). Transformées en gigantesques Barnum, en machines à profits par ceux qui en délèguent l'organisation, ces compétitions mondiales aggravent la contradiction entre l'humanisme de leurs discours – proclamé dans de grandes campagnes de communication creuses – et la réalité d'une exploitation mercantile qui démontre régulièrement son intolérance pour les expressions démocratiques.


Le football peut encore faire efficacement diversion, mais il fait de moins en moins illusion. Quel que soit son pouvoir narcoleptique, au-delà d'un certain seuil il ne suffit pas à anesthésier les souffrances et les injustices au milieu desquelles il plante son chapiteau, ni à masquer le caractère de plus en plus obscène de sa propre prospérité. Peut-être qu'en juin prochain, tout "rentrera dans l'ordre" au Brésil, conformément aux vœux de Michel Platini, des sponsors et des diffuseurs. Mais il n'est pas encore exclu que cette Coupe du monde devienne l'occasion, sinon d'une révolte sociale et politique décisive pour le Brésil, au moins d'une profonde remise en cause de ce qu'est devenu cet événement planétaire. Le football gagnerait, au prix d'une décroissance qui n'appauvrirait personne, à redevenir le jeu qu'il prétend être.


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Mondial : Platini recommande aux Brésiliens de se calmer


La référence au football comme nouvel "opium du peuple" ou illustration de l'antique "Du pain et des jeux" n'a rien de nouveau, et elle a malheureusement conduit de nombreux intellectuels à expédier la question de ce sport, en tant que culture populaire recelant richesses et complexité, sous ce seul prisme idéologique. Pour autant, l'évidence est bien que c'est ainsi qu'il a été constamment instrumentalisé par les différents pouvoirs politiques tout au long de son histoire, réunissant dans cette exploitation toutes sortes de régimes, des plus démocratiques aux moins fréquentables. Il l'a aussi été, parallèlement et pas de manière anodine, par les pouvoirs sportifs eux-mêmes, associés aux premiers. L'histoire des Coupes du monde illustre particulièrement cette association, depuis l'édition mussolinienne de 1934 jusqu'à celles prévues en 2018 en Russie et en 2022 au Qatar (lire "La Coupe du monde au plus offrant"), en passant par celle de 1978 dans l'Argentine de la junte militaire.


Le paradoxe est que les organes du football international se dédouanent de tels choix en arguant du caractère non politique du sport, qui devrait en quelque sorte être protégé, sanctuarisé… non pas contre les déterminants de ces choix, qui sont évidemment politiques au sens où ils relèvent de stratégies d'expansion et d'alliances très réfléchies, mais contre les critiques disqualifiées comme "idéologiques" et contre toute tentative d'intrusion des problématiques sociales et politiques dans l'enceinte sportive (sur la prohibition du politique, lire la dernière partie de cet article).


Bande-annonce de beIN Sport pour la Coupe du monde 2014

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"LE BRÉSIL, FAITES UN EFFORT PENDANT UN MOIS, CALMEZ-VOUS !"


Élevées au rang de superpuissances géopolitiques, mais aussi économiques, peu contrôlées et fort peu démocratiques, les confédérations du football ont adopté des comportements autocratiques, quand elles ne sont pas, comme la FIFA, des foyers de corruption où les affaires éclatent sans faire tomber leurs hauts dirigeants. Ponctuellement, ces derniers trahissent leur vision du monde quand, malgré tout, les critiques se font plus pressantes ou quand le social fait irruption, à l'image des mouvements sociaux de l'an dernier au Brésil dans la perspective de la Coupe du monde, qui se sont prolongés jusqu'à aujourd'hui au travers d'autres manifestations ou d'émeutes. La compétition approchant et les protestations ne s'apaisant pas, menaçant de "ternir la fête", Michel Platini, président de l'UEFA et candidat à la présidence de la FIFA, s'est fendue d'une déclaration aussi consternante que possible:


"Le Brésil, faites un effort pendant un mois, calmez-vous ! Rendez hommage à cette belle Coupe du monde. On a été au Brésil pour leur faire plaisir. J’avais dit la dernière fois, on va au Brésil, c’est comme si les Musulmans allaient à la Mecque, les Chrétiens à Rome et les Juifs à Jérusalem. C’est exactement ça, d’aller à la Coupe du monde au Brésil. C’est pour ça que tout le monde se fait une joie d’aller à la Coupe du monde au Brésil. Eh bien les Brésiliens, il faut qu’ils se mettent dans l’idée de recevoir les touristes du monde entier et que pendant un mois, ils fassent la trêve. Pas des confiseurs, mais qu’ils fassent une trêve. Il faut dire aux Brésiliens qu’ils ont la Coupe du monde et qu’ils sont là pour montrer la beauté de leur pays et leur passion pour leur football."


L'OBSCÉNITÉ D'UNE COUPE DU MONDE


Mélange d'inconscience, de condescendance et de cynisme dans des proportions respectives difficiles à déterminer, cette déclaration – qui mérite à peine d'être interprétée tant elle est parlante – traduit l'irritation d'un cacique qui se demande ce qu'il faudrait de plus au peuple brésilien, cet ingrat, pour rentrer dans le rang et être conforme aux clichés auxquels on l'assigne (la fête et le football), ou au moins pour attendre que la caravane soit passée pour exprimer ses revendications. Ces paroles disent ainsi l'indifférence des gouvernants du football pour le sort des populations concernées, et leur volonté de ne pas les entendre exprimer l'obscénité que peut représenter le coût de l'organisation d'une Coupe du monde dans un pays où la pauvreté et les inégalités déchirent déjà le tissu social.


Aussi n'est-il pas étonnant de les voir exprimer leur préférence pour des nations dans lesquelles la contestation a moins de chances de les contrarier. Jérôme Valcke, secrétaire général de la FIFA avait en avril 2013 justifié ainsi l’attribution de la Coupe du monde 2018 à la Russie de Vladimir Poutine: "Un moindre niveau de démocratie est parfois préférable pour organiser une Coupe du monde". Son président Sepp Blatter, probable candidat à un cinquième mandat en 2015, avait pour sa part estimé que le Mundial 1978 avait marqué "une forme de réconciliation du public, du peuple argentin, avec le système politique, qui était à l’époque un système militaire". Voilà qui résumait assez bien les affinités entre la gouvernance de la confédération mondiale et les gouvernements totalitaires.


LE FOOTBALL NE FAIT PLUS ILLUSION


Les bienfaits moraux et les bénéfices économiques présumés de l'organisation des grands événements sportifs font de plus en plus doute, tout comme la priorité accordée par les États à des investissements somptuaires dans des infrastructures qui creusent les déficits publics (lire "Le Portugal, pas encore sorti de l'Euro"). Transformées en gigantesques Barnum, en machines à profits par ceux qui en délèguent l'organisation, ces compétitions mondiales aggravent la contradiction entre l'humanisme de leurs discours – proclamé dans de grandes campagnes de communication creuses – et la réalité d'une exploitation mercantile qui démontre régulièrement son intolérance pour les expressions démocratiques.


Le football peut encore faire efficacement diversion, mais il fait de moins en moins illusion. Quel que soit son pouvoir narcoleptique, au-delà d'un certain seuil il ne suffit pas à anesthésier les souffrances et les injustices au milieu desquelles il plante son chapiteau, ni à masquer le caractère de plus en plus obscène de sa propre prospérité. Peut-être qu'en juin prochain, tout "rentrera dans l'ordre" au Brésil, conformément aux vœux de Michel Platini, des sponsors et des diffuseurs. Mais il n'est pas encore exclu que cette Coupe du monde devienne l'occasion, sinon d'une révolte sociale et politique décisive pour le Brésil, au moins d'une profonde remise en cause de ce qu'est devenu cet événement planétaire. Le football gagnerait, au prix d'une décroissance qui n'appauvrirait personne, à redevenir le jeu qu'il prétend être.


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Herman Van Rompuy : « Le populisme n'est pas né avec la crise de l'euro »

Le Monde | 28.04.2014 à 11h34 • Mis à jour le 28.04.2014 à 11h42 | Propos recueillis par



Au siège du Conseil de l’Union européenne, à Bruxelles, le 25 avril.


Vous sentez-vous responsable de la montée du désenchantement à l'égard de l'Europe et des instances bruxelloises ?


Herman Van Rompuy : Non, j'ai la conscience tranquille. Nous avons fait notre travail pour sauvegarder l'union monétaire. Si l'euro avait échoué, c'est toute l'Union européenne (UE) qui aurait échoué. Si nous n'avions pas fait cela, nous serions en pleine dépression, comme dans les années 1930. Nous avons évité le pire, même si, bien sûr, tout cela a un prix.


La montée en puissance des idées eurosceptiques n'est-elle pas liée à la façon dont la crise a été gérée ?


Il faudrait plutôt poser la question à la génération qui nous a devancés, qui a été responsable des premières années de la zone euro, a dû voir les problèmes émerger et n'a pas agi. Là, c'est une très grande responsabilité. Je ne pense pas à MM. Kohl et Mitterrand, qui avaient pris une initiative très forte pour aller vers une Allemagne réunifiée dans une Europe plus unie.


Mais, après la création de l'euro, il fallait mettre en place tous les instruments nécessaires pour faire de l'union monétaire une véritable union économique. Or ces dispositions, comme la création des fonds d'assistance financière, de l'union bancaire et d'un cadre plus strict de surveillance budgétaire et économique, ne peuvent être prises que le dos au mur, dans un climat de crise. C'est malheureux, mais c'est comme cela.


Dans de nombreux pays, dont la France, l'Italie ou les Pays-Bas, le vote populiste et eurosceptique risque de battre des records…


Avant la crise, il y avait déjà pas mal de populisme. En France, Jean-Marie Le Pen est arrivé second à la présidentielle de 2002, sans que cela tienne spécifiquement à l'Europe. Puis les Français ont voté « non » au projet de Constitution en 2005, donc bien avant la crise. Il y a en France par rapport à l'Europe un sentiment ambigu, ou parfois franchement négatif. Le populisme n'est pas né avec la crise de la zone euro. C'est un phénomène de société beaucoup plus vaste qui ne peut pas être attribué à la seule Europe. Tous les sondages indiquent que la confiance dans les institutions nationales est encore plus basse que dans les institutions européennes.


Retrouvez l'intégralité de l'entretien dans l'édition du Monde du 29 avril et en zone abonnés.







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