Le Monde | 14.04.2014 à 11h11 • Mis à jour le 14.04.2014 à 12h21 | Par Isabelle Chaperon
Et tout particulièrement les établissements anglo-saxons. Ce sont eux, en effet, qui se sont taillés, à ce jour, la part du lion dans les opérations les plus en vue face à des banques françaises qui, après cinq ans de disette à Paris, ont moins de références à faire valoir.
«Même si elle reste importante, la place des investisseurs français dans les placements des introductions en Bourse est moins prépondérante. Elle représente entre 15 % et 25 %, alors que c'était plutôt 35 % à 45 % par le passé», explique Valéry Barrier, responsable des marchés primaires actions chez Deutsche Bank, qui a co-dirigé toutes les introductions en Bourse à Paris, depuis celle de Numéricable en octobre 2013 jusqu'à GTT et fait quasiment carton plein sur les suivantes.
« L'expérience et la capacité à prouver une compétence sectorielle sont au cœur de la sélection des banques. L'effet taille est clef pour financer la recherche actions », ajoute Pierre-Alexis Renaudin, responsable marchés primaires actions pour la France chez Morgan Stanley.
DEUX RÔLES CLÉS AU COEUR DE LA BATAILLE
Dans les syndicats constitués par les banques pour réaliser un placement d'actions, c'est comme à l'armée : il y a des grades. Les banques se battent pour être « coordinateur global », le « Graal », juste avant le titre de « bookrunner » (teneur de livre). Ces deux rôles captent le gros des commissions versées par les entreprises à leur banquier.
Pour les prochaines opérations, Deutsche Bank, JP Morgan, Crédit Agricole CIB et HSBC seront coordinateurs globaux sur Elior. Deutsche Bank et Goldman Sachs sur Worldline. Bank of America Merrill Lynch et Deutsche Bank sur Alstom Transport.
Comme il se doit, Natixis, le propriétaire de la Coface, va co-diriger la mise en Bourse de sa filiale, avec JP Morgan. Enfin, ABN Amro, Société générale et JP Morgan auront les clés sur Euronext.
LE SALUT HORS DE FRANCE
BNP Paribas et Société générale auront des places de « bookrunners » sur Atos. Les quatre grandes banques françaises tiendront aussi ce rang sur Alstom Transport. « Quand les vendeurs sont de grandes entreprises françaises, elles pensent à bien traiter leur partenaire financier traditionnel », relève un observateur.
La compétition est rude alors que les banques se déchirent pour décrocher les mandats des opérations qui se tiendront au second semestre et début 2015. « Nous serons coordinateurs globaux ou «bookrunner» dans de nombreuses opérations en cours de réalisation et qui sortiront dans les prochains mois », assure Luis Vaz Pinto, en charge des marchés primaires actions à la Société générale.
Les banques françaises peuvent aussi aller chercher le salut hors de France : « nous avons quinze mandats en Europe où nous exerçons un rôle de premier plan », précise Thierry Olive, chez BNP Paribas.
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