Argentine : funérailles nationales pour Alfredo Alcon, star de théâtre et de cinéma


Star absolue du théâtre et du cinéma argentins, Alfredo Alcon est mort à Buenos Aires le vendredi 11 avril, à 84 ans. La veillée funèbre a eu lieu au Congrès national, puis au Théâtre municipal Général San Martin. Il a été enterré, samedi, au panthéon des acteurs du cimetière de la Chacarita. Son décès a suscité des manifestations émues de la part des Argentins, dont il était un interprète privilégié depuis un bon demi-siècle.


Alfredo Alcon était né à Buenos Aires le 3 mars 1930. Après ses études au Conservatoire, il devient une figure essentielle de la scène théâtrale "porteña". Sur les planches, il a joué Shakespeare, Beckett, O'Neill, Tennessee Williams, Ibsen, Garcia Lorca, Miller, Koltes, parmi bien d'autres, collectionnant les récompenses.


Martin Fierro Au cinéma, sa carrière n'est pas moins prolifique.


Dès 1960, avec Un guapo del 900, il devient un acteur-fétiche de Leopoldo Torre-Nilsson, chef de file du renouvellement du cinéma argentin.


Ils se retrouvent l'année suivante dans le film Piel de verano, puis dans les super-productions Martin Fierro, d'après le poème de José Hernandez (1968), El Santo de la espada, sur San Martin, père de l'indépendance (1970) et Güemes, la tierra en armas (1971).


Alfredo Alcon accompagne ensuite Torre-Nilsson dans son tournant vers des œuvres moins guindées, comme La Maffia (1972), Los siete locos d'après Roberto Arlt (1973), Boquitas pintadas d'après Manuel Puig (1974) et El Pibe Cabeza (1975).


Alfredo Alcon était sollicité aussi par des réalisateurs plus jeunes, comme David Kohon (Prisioneros de una noche, 1962). C'est justement un de ces nouveaux réalisateurs, Leonardo Favio (autre acteur-fétiche de Torre-Nilsson), qui lui offre un de ses plus beaux succès, Nazareno Cruz y el lobo (1975). Alcon conférait à chacun de ses rôles une stature dramatique et une dignité humaine inoubliables.


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Paulo A. Paranagua est journaliste au "Monde".







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