Didier François, un éclat de rire libéré


Didier François, otage en Syrie depuis juin 2013, a été libéré.


Didier François, c'est d'abord un grand éclat de rire. Tonitruant, en cascade, communicatif. Il l'a promené sur tous les terrains de guerre, ou presque. Toujours de bonne humeur et disponible, Didier François, 53 ans, est un bon camarade de reportage. Toujours partant pour faire un tour et aller voir ce qui se passe, toujours curieux et chaleureux, toujours débrouillard pour dégoter une voiture dans les endroits les plus improbables ou trouver un moyen de se rendre là où c'est interdit…


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Agé de 53 ans au moment de son enlèvement, Didier François a débuté dans le journalisme en 1985 au Matin de Paris. Pour lui, la presse était le prolongement naturel de ses années de militantisme, d'abord à La Ligue communiste révolutionnaire (LCR), puis à SOS-Racisme, dont il a été un membre fondateur avec son ami Julien Dray. Didier faisait partie de la « bande à Juju », qui a quitté la LCR – où il était surnommé « Rocky » – pour rejoindre le Parti socialiste (PS) en 1982, via le cercle de réflexion « Question socialiste ». On lui a d'ailleurs souvent attribué l'invention du slogan « Touche pas à mon pote ! »


DE LA TCHÉTCHÉNIE À LA SYRIE


Envoyé spécial sur tous les points chauds, Didier François couvre les deux guerres de Tchétchénie (1994-1996 et 1999-2000), où les boïvikis (les combattants rebelles tchétchènes) le surnommaient « Didi ». Il travaille également en Bosnie dans les années 1990 et au Kosovo(1999), en Algérie et en Afrique.


A partir de 2000, l'actualité l'amène à se rendre de plus en plus souvent dans les pays arabes et musulmans : à Gaza et en Cisjordanie pendant la deuxième Intifada, mais aussi en Afghanistan lors de l'invasion américaine qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001, ainsi qu'en Irak de 2003 à 2005. Brièvement correspondant à Moscou dans les années 1990 et à Jérusalem, en 2006, il quitte Libération en 2007 pour Europe 1, où il continue de couvrir l'actualité internationale, notamment pendant les printemps arabes (Libye en 2011) et lors de l'opération Serval au Mali début 2013.


Juste avant son enlèvement le 6 juin 2013, au nord d'Alep, Didier François avait été le premier à révéler que les services de renseignement français avaient la preuve, grâce à des analyses d'échantillons prélevés sur place, de l'utilisation d'armes chimiques en Syrie.







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