Les Brésiliennes ont jeté un grand froid sur la Kombank Arena de Belgrade, où près de 20.000 personnes s'étaient rassemblées pour soutenir le pays hôte, et ont produit pendant 60 minutes un bruit infernal. Malgré cette énorme pression populaire, les Sud-Américaines, qui succèdent aux Norvégiennes au palmarès, ont su garder le contrôle de leurs nerfs, quand la Serbie est revenue à égalité dans les deux dernières minutes.
ACCORD AUSTRO-BRÉSILIEN
Le Brésil a amplement mérité son titre, restant la seule équipe invaincue au terme de la quinzaine. La Serbie, qui s'était déjà inclinée face à lui au premier tour (23-25), a été la seule à lui résister. Sans grand passé dans le handball, le Brésil est récompensé pour la politique volontariste de sa Fédération, qui a réussi à monter une équipe de premier plan en quelques années.
Elle a notamment passé un accord avec le club autrichien de Niederosterreich, où évoluent six des nouvelles championnes du monde, sous les ordres de leur sélectionneur, le Danois Morten Soubak.
Deux ans après avoir échoué en quart de finale du Mondial, organisé à Sao Paulo, les Brésiliennes ont pris une éclatante revanche, et montré qu'il faudrait plus que jamais compter avec elle en 2016 aux Jeux de Rio.
LA SERBIE REVENUE À 19-19 À LA 56e...
Avec son équipe expérimentée, le Brésil a aussi profité de l'affaiblissement de certaines nations européennes, comme la Norvège ou la France - finaliste en 2009 et 2011 -, pas encore prêtes en ce début d'Olympiade et toutes les deux éliminées en quart.
Après avoir d'abord eu du mal à contrecarrer la massive pivot serbe Dragana Cvijic (5 buts), les Brésiliennes ont commencé à se détacher en fin de première période (13-10, 30e), en trouvant des solutions au coeur de la défense serbe. La seconde moitié de match a été étouffante, les deux défenses se montrant extrêmement denses. La Serbie a repris espoir grâce aux multiples arrêts (11) de sa gardienne Katarina Tomasevic. Mais même quand la Serbie est revenue à 19-19 (56e), puis 20-20 (58e), le Brésil a trouvé les solutions pour l'empêcher de passer devant, notamment avec sa petite demi-centre Deborah Nunes.
LES DANOISES DE RETOUR AU PREMIER PLAN
Un peu plus tôt, le Danemark, ex-superpuissance du handball féminin, décrochait sa première médaille internationale en neuf ans, en battant la Pologne (30-26) lors du match pour la troisième place au Mondial.
Depuis le dernier de ses trois titres olympiques consécutifs (1996, 2000 et 2004), le Danemark n'était plus monté sur le podium d'une compétition internationale, même s'il s'en était plusieurs fois rapproché. Il y a deux ans au Brésil, lors de l'édition précédente du Mondial, les Danoises avaient ainsi pris la 4e place, échouant face à l'Espagne pour la médaille de bronze. Avec une équipe encore très jeune, les Scandinaves ont pris un peu d'avance sur leur objectif prioritaire, qui sera de monter sur le podium au Mondial-2015, organisé au Danemark.
Face à la Pologne, qui a obtenu le meilleur résultat de son histoire en grand Championnat, les Danoises ont opéré un rétablissement spectaculaire. Elles étaient en effet en grande difficulté à la pause, en étant menées 12-15. Mais elles ont su effectuer les ajustements défensifs pour contrarier leur adversaire, avec une Rikke Poulsen à son avantage dans les buts (13 arrêts).
Elles ont surtout pu compter sur l'extraordinaire match de Kristina Kristiansen. Décevante en demi-finale face au Brésil (21-27), la demi-centre de petit gabarit (1,63 m) a écoeuré les Polonaises par son aisance individuelle (10 buts).
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