Pas de film français en lice pour l'Oscar du meilleur film étranger


Veerle Baetens et Johann Heldenbergh dans "Alabama Monroe", de Felix van Groeningen

Veerle Baetens et Johann Heldenbergh dans "Alabama Monroe", de Felix van Groeningen



Neuf longs métrages viennent de franchir une nouvelle étape du long processus de sélection de l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Les neuf films retenus par "plusieurs centaines de membres" de l'Académie des arts et sciences du cinéma sont Alabama Monroe (The Broken Circle Breakdown), de Felix van Groeningen (Belgique), La Femme du ferrailleur, de Danis Tanovic (Belgique), La Grande Bellezza, de Paolo Sorrentino (Italie), La Chasse, de Thomas Vinterberg (Danemark), Le Grand Cahier, de Janos Szasz, d'après Agota Kristof (Hongrie), D'une vie à l'autre, de Georg Maas (Allemagne), Omar, de Hani Abu-Assad (Territoires palestiniens), The Grandmaster, de Wong Kar-Waï (Chine- Hong Kong) et L'Image manquante, de Rithy Panh (Cambodge).


A ce stade de la sélection, il s'agissait de départager les 76 longs métrages présentés chacun par un pays. Les nominations des cinq films étrangers soumis au dernier tour de vote seront annoncées en même temps que les autres, le 16 janvier 2014. Cette shortlist est aussi remarquable par ses choix que par ses refus. Cette année, pour l'Académie, le monde du cinéma est surtout européen, avec seulement deux films d'Extrême Orient et un représentant du Proche Orient. Alors que l'on attendait Le Passé, d'Asghar Fahradi, tourné à Paris mais présenté par l'Iran ou le premier film saoudien de l'histoire du cinéma, Wadjda de Haifa Al Mansour, c'est finalement Alabama Monroe qui semble devoir faire la course en tête.


Ce long métrage flamand de l'auteur de La Merditude des choses vient de sortir en salle aux Etats-Unis, accueilli par des critiques d'autant plus chaleureuses que leurs auteurs ont été surpris de découvrir que le patrimoine musical américain, en l'occurrence la musique bluegrass, était l'objet d'un culte dans les pays néerlandophones. Autre favori des pronostiqueurs, La Grande Bellezza, de Paolo Sorrentino qui flatte les souvenirs cinéphiles attachés à l'âge d'or du cinéma italien. Cette ballade dans la Rome du troisième millénaire avait été présentée à Cannes en mai alors que La Chasse avait concouru pour la Palme d'or en 2012. L'Image manquante et Omar avaient été eux retenus dans la section Un certain regard, The Grandmaster avait fait l'ouverture du dernier festival de Berlin.


Pour la cinquième année consécutive, la candidature française, Renoir, de Gilles Bourdos, n'a pas été retenue. Un prophète, de Jacques Audiard, est le dernier long métrage présenté par la France a avoir été nommé à l'Oscar du meilleur film étranger. Le dernier à l'avoir remporté est Indochine, de Régis Wargnier, en 1993. La Vie d'Adèle, candidat possible, mais controversé, est sorti trop tard dans les salles françaises pour pouvoir être pris en considération par le comité chargé de choisir le film présenté à l'académie.


Thomas Sotinel


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Thomas Sotinel, 53 ans, est journaliste au "Monde" depuis 1989. Après avoir écrit sur la musique au temps de Nirvana, il a couvert l'Afrique au temps de Charles Taylor et Laurent-Désiré Kabila. Il a rejoint la rubrique cinéma en 2000.



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