Pour autant, pas question d'enclencher les discussions avec le groupe de BTP. Vivendi, qui a entamé le 14 mars des négociations exclusives avec Numericable, ne veut surtout pas avoir l'air de donner un coup de canif dans ce contrat.
1,4 MILLIARDS DE CASH EN PLUS
Dans le même temps, il ne peut pas continuer à ignorer l'enveloppe frappée du logo orange de Bouygues, qui offre 1,4 milliard d'euros en cash de plus que Numericable. Même si, chez Vivendi, on ne cache pas un certain agacement face au forcing de Martin Bouygues : « quand vous draguez une fille et qu'elle ne veut pas vous voir tout de suite, vous ne mettez pas une affiche en face de chez elle proclamant votre amour », grince un cadre du géant des médias et des télécoms.
En attendant, les ténors du barreau parisien se penchent sur cette question de l'exclusivité des négociations en cours et de quelle manière elle est peut être considérée comme caduque en cas de surenchère.
Dans le cadre de l'appel d'offre express organisé par Vivendi, le comité ad hoc, présidé par Henri Lachmann, l'ancien patron de Schneider, avait consacré « plus de 60 heures » à analyser les projets des deux prétendants. Ces travaux avaient permis de valider le choix des dirigeants du groupe présidé par Jean-René Fourtou. « Le directoire a présenté les deux offres... et a marqué sa préférence pour l'une d'elles », avait indiqué M. Lachmann au Monde.
TROIS SEMAINES
Le 14 mars, le conseil de surveillance de Vivendi avait entériné à son tour ce choix. Il avait alors indiqué que s'ouvrait une période de négociation de trois semaines avec le câblo-opérateur à l'issue de laquelle il déciderait – ou non – de mettre un terme aux autres solutions envisagées pour l'avenir de SFR.
Cette période de trois semaines s'achève vendredi 4 avril. « Le 4 avril le conseil se réunira et devra examiner à la fois les deux offres. Il n'est pas sûr qu'il pourra trancher et un délai supplémentaire est envisageable », laisse entendre un proche du dossier.
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