La bulle des entreprises high-tech va-t-elle éclater ?

Le Monde | 11.04.2014 à 13h02 • Mis à jour le 11.04.2014 à 14h03 | Propos recueillis par



Un moniteur affiche le cours de l'action Facebook au Nasdaq.


Jeudi 10 avril, le Nasdaq, l'indice américain des valeurs technologiques, a chuté de 3,10 %. Il a perdu 7 % depuis le 5 mars. Est-ce l'éclatement d'une bulle ?

Je ne le crois pas. La baisse de jeudi est due à la vente massive d'ETF (produits financiers répliquant les performances d'un indice) : autrement dit, les investisseurs n'ont pas ciblé tel ou tel secteur mais pris des bénéfices indifféremment. De plus, n'oubliez pas que le Nasdaq avait grimpé de plus de 38% en 2013 et atteint un plus-haut historique depuis 2000, le 5 mars, à 4 357, 97 points.


Enfin, la situation n'a rien à voir avec la bulle des technologies de 2000. A l'époque, le Nasdaq était pour l'essentiel composé de sociétés qui ne seraient pas profitables avant 7 à 10 ans. Aujourd'hui, certaines sont déjà profitables –comme Facebook, Yahoo ou Google- et pour les autres, l'horizon est beaucoup plus proche.


Pourquoi, alors, les marchés sont-ils si nerveux ?

Les marchés sont très volatils depuis les déclarations de la présidente de la Fed (Banque centrale américaine), Janet Yellen, sur une remontée des taux directeurs américains dès le printemps 2015. Les investisseurs ont réalisé que la hausse des marchés ces derniers mois est essentiellement portée par les injections de liquidités pratiquées par la Fed (55 milliards de dollars de rachats d'actifs par mois). S'y ajoutent la crainte d'un ralentissement en Chine et la crise en Ukraine. La Bourse n'aime pas l'incertitude, encore moins lorsqu'elle est de nature géopolitique.


Les nombreuses introductions en Bourse prévues dans les prochaines semaines à Wall Street, notamment sur le Nasdaq (Alibaba…), risquent-elles de mal se passer ?

Non, les résultats des sociétés technologiques attendus à partir de la semaine prochaine devraient rassurer les investisseurs sur les capacités de croissance de ces sociétés. Le Vix [« l'indice de la peur », qui mesure la volatilité des marchés] n'est qu'à 15,80 alors qu'il était monté à 22 en février, au début de la crise ukrainienne. Il n'y a pas de raison de s'affoler.







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