La SNCF veut faire revivre l'Orient-Express

Le Monde | 13.03.2014 à 16h02 • Mis à jour le 13.03.2014 à 16h16 | Par



Jeudi 13 mars, l'Orient-Express a rallié, à une allure de tortillard, en plus d'une heure, la gare de Lyon à la gare de l'Est à Paris, en passant par Nogent-sur-Marne.


Hélas, ces belles voitures n'ont pas rallié, comme du temps de leur splendeur, en 1883, Paris à Constantinople en 81 heures 30. Mais, bien plus modestement, à une allure de tortillard, en plus d'une heure, la gare de Lyon à la gare de l'Est à Paris, en passant par Nogent-sur-Marne.


La SNCF, qui a racheté aux enchères en 2011 sept wagons de la Compagnie des Wagons Lits, inaugurait ainsi la création de sa nouvelle filiale, baptisée Orient Express, précisément pour annoncer qu'elle comptait faire revivre un jour ce train de luxe.


Ce palace sur boogies, classé monument historique, a été rénové à l'identique, avec sa voiture restaurant Anatolie, sa voiture bar, son salon Pullman, orné de parois lambrissées d'acajou et de pâtes de verre, signées Lalique.


RECHERCHE DE PARTENAIRES


Pour relancer ce train, dont l'exploitation avait été arrêtée en 1977, Frank Bernard, directeur général de cette nouvelle filiale, estime qu'il faudra investir entre 30 et 40 millions d'euros.


Ce ne sera plus le train historique, mais un nouveau symbole du luxe, de la croisière, du service d'excellence et du temps enfin « lent ».


M. Bernard cherche des partenaires et n'exclut pas d'ouvrir le capital de la filiale. Il a commencé par s'assurer que ses voyageurs dormiront bien et déjà signé un contrat de licence avec l'entreprise qui fera les lits et les matelas, Cauval, et avec le malletier Moynat.


Le directeur d'Orient Express cherche aussi à s'allier avec différents palaces, pour loger convenablement ses hôtes, au départ et à l'arrivée. Le grand chef multi-étoilé Yannick Alleno devrait être au piano.


Seule inconnue - elle est pourtant de taille -, M. Bernard ne sait pas encore quand ce nouveau train ultra-chic pourra redémarrer, ni quel sera son trajet.


Pour l'heure, la SNCF travaille donc à un Orient-Express du 21ème siècle, sans avoir encore décidé non plus qui en sera le designer.


UNE PETITE POIGNÉE DE TRAINS DE CE TYPE DANS LE MONDE


Aujourd'hui, il ne reste que de très rares survivants de ce type de trains, immortalisés par Alfred Hitchcock dans The lady vanishes (1938) : la SNCF a renouvelé pour 75 ans la licence qu'elle a accordée au groupe américain Belmond, qui exploite encore le Venise Simplon depuis Londres.


Et une toute petite poignée de trains de luxe circule encore dans le monde, en Thaïlande, en Afrique du Sud ou en Ecosse.


Bien avant que le futur Orient-Express ne soit sur les rails, l'Institut du Monde arabe inaugurera, le 4 avril, une grande exposition sur ce train qui reliait Paris à Bagdad en huit jours.


Plusieurs wagons et la locomotive seront transportés nuitamment, par camions, sur le parvis du musée parisien. Ce qui ne devrait pas passer inaperçu.







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